Les alambics à bain-marie et injection de vapeur

distillation bain-marie
Principe de son fonctionnement

Les alambics à bain-marie, ce principe de distillation vieux comme le monde, pouvait utiliser des moyens extrêmement simples, alambics en terre ou en verre, chauffés par bain de sable, d’eau ou même au fumier.. pour extraire les « esprits » dont avaient besoin les chimistes, alchimistes, apothicaires et autres parfumeurs…

Pour extraire nos essences ou plutôt huiles essentielles dans notre région, on a utilisé et on utilise encore quelques fois les alambics à bain-marie  et notamment pour l’AOP « Lavande » (les distilleries « caisson » n’étant pas éligibles à la certification) d’une conception très moderne et très efficaces, économe en temps ainsi qu’en combustible. (pailles réutilisées) Capables de faire une passée ou bouillie en 35-45 minutes, ils ont équipés les distillateurs capables d’investir dans un matériel de pointe, soucieux de la rentabilité de leurs installations, mais aussi de la qualité des essences extraites.

Ce sont de précieux témoins de l’époque « Lavande fine » puis pour les plus gros, époque « Lavandin » mais aussi Menthe, « Sauge Sclarée et quelque fois Hysope.

De propriété « privée » pour les petits, ils étaient en général en coopérative « CUMA » pour les plus grands alambics à bain-marie, travaillant très souvent à 2 voire 4 alambics de 4000 à 6000 litres, par distillerie. Un autre constructeur de Marseille « Prince » fabriquait comme « Eysseric », des distilleries du même type « clefs en main ».

Beaucoup de petites unités « Prince » de 800-1000 litres étaient installées dans les hautes vallées de l’Asse, du Verdon et d’ailleurs. Ces alambics étaient bien plus avancés technologiquement, capables de se réalimenter en eau en cours de distillation par exemple, en toute autonomie, par un jeu complexe de vannage et un dispositif de stockage de l’eau chaude d’appoint, pouvant être mis en pression et en communication avec la chaudière pour la remplir. Contrairement aux appareils « Eysseric », beaucoup plus « basiques » (et sûrement bien moins chers..) qui ne pouvaient pas faire un apport d’eau en cours (comme la mienne ci-dessous) ou avaient besoin d’une pompe à eau électrique pour cela, pour les plus grosses unités.

Les alambics à bain-marie que je suis arrivé à rassembler;

L’alambic « Alfred Rabain » de 400 litres (ci dessous) doit dater des années 1925-1930, si j’en juge par ses techniques de construction, vannes employées, soudures, rivetage. C’est le seul de ce type et de ce constructeur que je connaisse. La fabrique marseillaise « Prince » construisait des appareils similaires, dont je suis arrivé à retrouver la trace de quelques exemplaires survivants.

L’alambic « Eysseric » de 2000 litres (ci après), est un des 1ers modèles sortis de son usine de Nyons (26) en 1940, n’est pas encore aussi sophistiqué que ceux qui ont équipé les distilleries jusqu’en 1990, arrivée de la distillation en caisson. Quelques distilleries fonctionnent toujours traditionnellement avec ce type de matériel dans la Drôme et dans les Alpes de Haute Provence essentiellement.

distillation bain-marie
Alambic Rabain (Grasse 06) 400 litres 1925-1930 Blieux (04)
distillation bain-marie
En cours de restauration
distillation bain-marie
Serpentin aluminium-cuivre restauré
distillation bain-marie
Détail de la cuve bain-marie et des tubes générateurs de vapeur s’y raccordant.

 

 

distillation bain-marie
Construction de la distillerie « Eysseric » de 800 litres de Douroules (1953)

 

les alambics à bain-marie
Alambic 2000 litres « Eysseric » 1940 – Thoard(04)
les alambics à bain-marie
Serpentin double spires aluminium

En fonctionnement:

Distillerie CUMA (Eysseric 1957) de Mézel(04)  Une des dernières installation (2 x 4000 litres) à témoigner de la distillation d’huiles essentielles traditionnelle, toujours utilisée et entretenue avec une véritable passion par son président Max J.

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